ATELIER 2 – ENTRETIEN
20 janvier 2007
AT E L I ER 2 - ENTRE T I EN
Animatrice : Sylvie Moreau
Coopérative exemplaire invitée : Vivre en ville (FECHAQC)
Représentante: Véronique Jampierre
1. Ma coopérative est attrayante
L’extérieur des bâtiments et le terrain sont bien entretenus.
Ma coopérative a un plan d’aménagement paysager.
Suggestions des participants :
On ne saurait trop insister sur l’importance de l’aménagement paysager car ce dernier peut avoir un effet notable concernant le développement d’un sentiment de fierté. Cela a été constaté à maintes reprises. Touchant plus spécifiquement sa réalisation, il est important de bien se préparer et de répartir les tâches. Bien se préparer implique de consulter mais le consensus à tout prix ne doit pas être un objectif à atteindre. A la Coopérative d’habitation des Cantons de l’Est, chaque immeuble a son plan d’aménagement ainsi que son propre comité d’entretien. En résumé, l’on peut dire que le caractère attrayant d’une coopérative ne peut que favoriser au développement non seulement d’un sentiment de fierté, au niveau de l’immeuble, mais également celui d’un sentiment d’appartenance au niveau de la coopérative.
2. Ma coopérative est bien entretenue
Ma coopérative a un programme d’entretien continu.
Ma coopérative procède à une inspection annuelle des logements et des espaces communs.
Ma coopérative procède à une inspection des logements lors des déménagements et des emménagements.
Les travaux de réparation/rénovation sont exécutés par des professionnels.
Les travaux de réparation/rénovation sont généralement bien faits.
Les corvées sont bien organisées et efficaces.
Ma coopérative a un budget d’entretien adéquat.
Suggestions des participants :
Si l’inspection annuelle devrait être une pratique à encourager, c’est plutôt lors des déménagements et des emménagements que les coopératives procèdent à l’inspection de leurs logements. Lors de ces visites, les personnes responsables doivent faire part de discrétion et de respect envers les personnes concernées par ces visites. Habituellement, ce sont des membres du comité d’entretien qui sont chargées de ces inspections et l’on ne saurait trop insister sur une préparation adéquate de leur part.
Il est important de garder un cahier des travaux effectués et de mettre ce dernier à jour lors des inspections. Lors des visites d’inspection, si l’on fait face à une situation d’insalubrité ou de moisissure, prévoir d’associer un expert surtout si la coopérative a l’intention de se rendre à la Régie du logement. Dans la mesure du possible, les conseilsd’administration des coopératives devraient prendre l’habitude de prendre leurs décisions à partir d’informations contenues dans des rapports d’experts pour plus d’objectivité et lorsque la situation le requiert.
Enfin, avoir à l’esprit que les fédérations peuvent venir en aide aux coopératives, pour des visites d’inspection, et que d’autres coopératives pourraient également être associées à ces visites d’inspection.
3. Ma coopérative est sécuritaire
Les aires communes de circulation sont bien entretenues en toute saison.
Les outils sont bien rangés et sous clés.
Les systèmes contre les incendies sont inspectés à toutes les années.
Un plan d’évacuation est en place en cas d’incendie.
Ma coopérative a un plan pour les urgences.
Les membres de ma coopérative savent comment procéder en cas d’urgence.
Suggestions des participants :
Pour la question des urgences, une bonne pratique serait de former un petit comité (2-3 personnes) qui travaillerait sur la meilleure façon de procéder pour informer les membres en cas d’urgence. Il peut s’agir d’une feuille d’instructions détaillant les étapes à suivre dans des situations d’urgence. Des coopératives ont même contacté leurs services d’incendie pour obtenir de l’information à titre préventif et compte tenu de leur situation particulière au niveau de leurs immeubles.
4. Ma coopérative répond promptement aux demandes d’entretien
Ma coopérative a une politique d’entretien.
Ma coopérative a mis en place un mécanisme simple pour les demandes de réparations.
Les réparations sont exécutées promptement, de façon équitable, dans le respect des politiques.
Suggestions des participants :
On ne saurait trop insister pour que les coopératives se dotent d’une politique concernant l’entretien dans le but d’assurer le traitement des demandes de réparations ou de rénovations à l’intérieur des logements et ce, dans les délais jugés raisonnables en fonction de la nature des demandes et leur degré d’urgence.
5. Ma coopérative a un plan d’entretien à long terme
Ma coopérative connaît la durée de vie utile des composantes de son bâtiment.
Ma coopérative a une réserve de remplacement adéquate, c’est-à-dire qu’elle a ou prévoit avoir des ressources financières à court et à long terme pour faire face aux besoins de réparation et de modernisation.
Suggestions des participants :
Beaucoup de coopératives admettent qu’elles n’ont pas de réserves de remplacement suffisantes pour envisager d’effectuer leurs travaux de rénovation d’importance reliés à leurs immeubles.
Dans le plan d’action des coopératives, cela devrait être une pratique à instaurer, soit de prévoir d’augmenter les réserves de remplacement afin d’être en mesure de faire face aux besoins de rénovation à long terme et apparaissant dans un plan d’entretien quinquennal qui soit régulièrement mis à jour, soit à chaque année.
6. Ma coopérative gère adéquatement toutes les questions liées à l’entretien
Un comité d’entretien est en place.
Le comité d’entretien connaît ses responsabilités.
Le comité d’entretien connaît son budget et en fait un suivi régulier et adéquat.
La coopérative a une politique d’attribution de contrat.
Le conseil d’administration soutient le travail du comité lorsque requis.
Un suivi régulier des contrats d’entretien des équipements est effectué.
Le comité a mis en place un système adéquat de classement des documents reliés à l’entretien.
Suggestions des participants :
Des coopératives ne fonctionnent pas bien en comités dépendamment des coopératives et de leurs membres. D’où l’importance que les personnes responsables aient une bonne vision de leur coopérative respective dans un esprit rassembleur.
De manière plus spécifique touchant les appels d’offres, la coopérative doit user de prudence et de discernement lorsque des membres ont l’intention de soumissionner pour des travaux à effectuer (situations de conflits d’intérêts potentiels). Dans les cas où les travaux ne seraient pas effectués à la satisfaction de la coopérative, les recours possibles de la coopérative peuvent générer des situations conflictuelles.
Témoignage de la coopérative d’habitation Vivre en ville
Coopérative en milieu urbain (Quartier St-Jean-Baptiste à Québec). Il s’agit d’une coopérative issue du programme AccèsLogis Québec. La coopérative a acquis deux immeubles dont l’un a été rénové et l’autre reconstruit pour un total de 12 unités de logement. Le chantier s’est terminé en novembre 2002.
La coopérative compte plusieurs comités (finances, communications, sélection, entretien et environnement). Le conseil d’administration, pour sa part, s’est pratiquement complètement renouvelé puisque les membres-fondateurs ont laissé leur place à d’autres membres.
Puisque trois des membres –fondateurs travaillaient en environnement, la vocation même de la coopérative se devait d’être dédiée à la cause de l’environnement. L’objectif initial était donc d’avoir des maisons saines, moins chères et ayant le moins d’impact possible sur l’environnement tout en mettant de l’avant certaines pratiques novatrices (toit vert, plancher chauffant, installation de plaques solaires sur le toit, compostage…). En bref, être respectueux de l’environnement et mettre l’emphase sur le nouveau bâtiment qui soit le plus en mesure de s’adapter à une foule de nouvelles pratiques exemplaires en environnement, dès la fin des travaux ou plus tard au fur et à mesure que l’argent sera disponible pour le faire (dans le cas des planchers chauffants, le réseau pour la circulation d’eau chaude est prévu mais il n’est pas encore opérationnel puisqu’il suppose l’installation d’une énorme citerne).
Ainsi, dès la construction, on savait déjà qu’il y aurait une toiture végétale (il aura fallu beaucoup de persévérance pour trouver une firme d’architectes qui accepte d’innover au plan architectural pour tenir compte de la faisabilité de certaines pratiques novatrices et qui pourraient devenir exemplaires en environnement). On savait pertinemment que l’image même de la coopérative pouvait dépendre de l’installation d’un toit vert afin qu’elle puisse être reconnue. Outre ses caractéristiques écologiques, ce toit, accessible aux membres, peut être un jardin simplement décoratif. Il ne faut pas passer sous silence sa contribution à l’environnement urbain. Le sol absorbe l’eau de pluie qui alimente les plantes au lieu de tomber dans les gouttières et de ruisseler vers les égouts. C’est similaire pour les chauds rayons du soleil de l’été qui servent aux plantes et réchauffent ainsi beaucoup moins le toit de l’édifice. La portion en potager de la toiture prend de plus en plus de place. Les membres de la coopérative ont donc la chance d’aller cueillir des légumes frais sur le toit. De plus, ils produisent aussi leur propre engrais à l’aide de trois bacs de compostage alimentés par les membres.
La coopérative a également fait d’énormes économies d’énergie en prévoyant l’installation de thermostats programmables. Cependant, on a dû abandonner l’idée de la chute à déchets. Il reste cependant à acheter et à installer la chaudière et les radiateurs à eau chaude. Le volet réduction de la consommation en eau chaude est cependant au point. Les réservoirs de toilette et les douches sont à faible débit. Et les laveuses à linge sont à ouverture frontale, des modèles reconnus pour utiliser moins d’eau.
Au niveau de la sélection des membres, on tente surtout de déceler l’ouverture à l’environnement chez les futurs membres et leur capacité à adopter certaines pratiques. On les informe qu’il n’y a qu’une seule place de stationnement pour les douze unités de logement et que l’on préconise l’utilisation des services de transport en commun.
De manière générale, les coopératives d’habitation n’ont pas été très sensibilisées à de nouvelles pratiques en environnement. D’un strict point de vue économique, ces nouvelles pratiques peuvent s’avérer très rentables (pensons notamment aux économies qui peuvent résulter découlant de certaines mesures pour une meilleure efficacité énergétique). Cependant, il est nécessaire de privilégier plutôt une approche de sensibilisation que d’imposition vis-à-vis l’instauration de certaines pratiques. Leur promotion pourrait se faire, entre autres, par l’entremise du site internet du Mouvement. C’est à force d’en parler que de nouvelles pratiques seront adoptées par les coopératives d’habitation. Il faut savoir contrer l’individualisme pour agir plutôt de manière coopérative et solidairement.