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ADHÉSION VOLONTAIRE ET OUVERTE À TOUS

1er principe

Les coopératives sont des organisations fondées sur le volontariat et ouvertes à toutes les personnes aptes à utiliser leurs services et déterminées à prendre leurs responsabilités en tant que membres, et ce, sans discrimination fondée sur le sexe, l’origine sociale, la race, l’allégeance politique ou la religion.

Voilà le premier des sept principes de la coopération, tels que formulés dans la Déclaration sur l’identité coopérative, adoptée en 1995 par l’Alliance coopérative internationale (ACI). Ces principes constituent les lignes directrices qui doivent guider toutes les coopératives, dans n’importe quel secteur d’activité, partout sur la planète.

Pour le membre d’une coopérative d’habitation au Québec, que signifie une adhésion volontaire à sa coopérative? Dans un pays démocratique comme le nôtre, personne n’est évidemment forcé d’adhérer à un organisme de coopération, mais personne n’est obligé non plus d’en rester membre indéfiniment. Aucune coopérative d’habitation ne peut donc contraindre quelqu’un à maintenir son statut de membre.

En outre, si l’on veut faire partie volontairement d’un organisme, on doit savoir et comprendre de quoi l’on est membre et à quoi on participe. Cela suppose qu’au moment de joindre la coopérative, la personne a été adéquatement informée sur les valeurs et les principes de la coopération aussi bien que sur la coopérative elle-même. L’information doit être disponible de façon continue dans la coopérative et elle doit se doubler d’un processus soutenu d’éducation à la coopération.

Ce droit à l’information et à l’éducation va de pair avec les responsabilités que l’on doit accepter de prendre, dont il est aussi question dans le premier principe. L’une de ces responsabilités est de participer aux décisions concernant la coopérative, notamment en votant lors des assemblées générales. Or, comment pourrait-on voter de façon éclairée si l’on n’est pas bien informé? Et comment accepter sa part de tâches – une autre responsabilité – si l’on n’a pas saisi l’esprit de la coopération?

Voilà pour « l’adhésion volontaire ». Pour ce qui est de « l’adhésion ouverte à tous sans discrimination… », c’est assez explicite, mais il ne faudrait pas voir dans ce « sans discrimination » un empêchement pour une coopérative à cibler une clientèle spécifique de personnes pour répondre à leurs besoins. Par exemple, certaines coopératives d’habitation au sein du réseau de la CQCH ont été fondées expressément pour accueillir des mères célibataires, des personnes retraités, ou encore des immigrants de telle ou telle origine. On peut favoriser une clientèle spécifique dans un but philanthropique. Cela constitue une forme de discrimination, mais une discrimination positive, telle que définie par la Commission des droits de la personne.

Il ne faut pas voir non plus, dans « l’adhésion ouverte à tous », un empêchement pour une coopérative de choisir des membres en fonction de besoins spécifiques à un moment précis. Par exemple, une compétence en comptabilité, ou encore des aptitudes pour le travail manuel pourraient devenir des critères (parmi tous les autres) pour combler une carence au sein du conseil d’administration ou du côté de l’entretien. Si elle veut éviter de toujours faire appel à des services de l’extérieur, une coopérative doit pouvoir compter sur un groupe polyvalent.

En général, le principe de l’adhésion volontaire et ouverte à tous ne pose pas de problèmes dans les coopératives du réseau. Les cas difficiles se présentent surtout quand le groupe fondateur n’est plus là et que la relève ignore, par exemple, quelle vocation la coopérative s’est donnée au départ. Encore une question d’éducation et d’information!